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[Parole d'Homme] Défi de l'homme... Non, la vie d'un homme n'est pas une promenade tranquille

J’ai cherché parmi eux quelqu’un qui relève le mur et se tienne devant moi, debout sur la brèche, pour défendre le pays et m’empêcher de le détruire, et je n’ai trouvé personne. Ezéchiel (22, 30) résume parfaitement notre défi en quelques lignes.

Nous tenir debout, en alerte, prêt, toujours prêt. Comme nous nous y sommes engagés lors de notre promesse. Nous tenir debout, oui, et pas n’importe où : sur la brèche, précisément à l’endroit critique, au lieu où la victoire peut basculer dans un sans ou dans l’autre. Nous tenir debout aux points névralgiques sous le feu ennemi et livrer bataille. La vie d’un homme n’est pas une promenade tranquille. Celui qui croit ceci passe littéralement à côté de sa vie.

Sommes-nous debout ? 

Se tenir debout est une image pour qualifier notre état intérieur : sommes-nous actifs ou passifs ? Actif ne signifie pas avoir une journée bien remplie occupée à amasser des biens, prendre le pouvoir ou me positionner pour entrer au codir de ma boîte. Non, dans ce cas, je suis en état passif et soumis, dominé par des puissances idolâtriques : argent, pouvoir, sexe le plus souvent. Actif signifie calme, paix intérieure et stabilité émotionnelle, c’est déjà se tenir en présence de Dieu. Se tenir en présence de Dieu, c’est se rendre présent à Lui qui est l’omniprésent par nature. Si nous ne voyons pas Dieu agir dans notre vie, c’est simplement que nous ne faisons pas attention à Lui et que nous sommes éloignés du présent, du réel : cela signifie être occupé par les tracasseries de la vie courante et matérielle, ne laissant aucune marge de manœuvre à Dieu dans notre vie. Une vie circonscrite à sa seule dimension animale ou matérielle.


Nous sommes trop souvent couchés devant ces idoles que sont l’argent, le pouvoir ou le sexe, toujours pour une fausse bonne raison. Ce n’est pas parce que nous sommes idiots, c’est simplement que nous avons peur et manquons de confiance de Dieu. Nous manquons de confiance en nous. Ce manque de confiance, tant en Dieu qu’en nous-mêmes, nous rend vulnérables à la tentation de restreindre nos vies à leur dimension purement matérielle, sous prétexte de responsabilité économique, et finalement risquer de passer à côté du sens que la vie nous propose. Et même à en croire Jésus quand il s’adresse à Nicodème, à côté de la vie éternelle.


Ce manque de confiance provoque chez nous, en particulier les hommes, une tentation de retrait et de silence. Pour éviter de passer pour des « baltringues », nous nous construisons un personnage mondain, bourgeois, bien sous tout rapport. C’est notre masque social qui cache notre misère, c’est notre imposture, notre refus de la vulnérabilité.


Il est difficile de reconnaître que nous manquons de confiance en nous car cela consisterait à accepter une vulnérabilité qui résonne comme un aveu de faiblesse et ressemble à un gouffre sans fond. Mais il y a un mensonge dans ce raisonnement. Une erreur de fond qui nous fait refuser le souhaitable et nous empêche de nous mettre « debout sur la brèche ».


Cette erreur tient d’une croyance : au fond de notre cœur, nous nous qualifions par nos défauts : je suis moche, gros, idiot, faible, timide, lent, décevant, indigne, incapable… ce mensonge est la réponse à un doute anthropologique face à la question relative à notre valeur : « suis-je capable de mener ma vie d’homme, d’affronter les difficultés de la vie, de protéger ma famille (…) ? ». Ce doute provient du fait que nous n’ayons pas été suffisamment bénis : personne, notre père en particulier, ne nous a suffisamment confirmé nos qualités et nos dons, et du coup nous doutons. La nature ayant horreur du vide, nous en déduisons naturellement que notre valeur se limite à nos défauts. Et nous nous asseyons, nous restons en retrait, nous nous soumettons, car nous ne nous sentons pas légitimes pour occuper le territoire. Notre territoire. Personne ne nous a volé notre territoire, nous l’avons délaissé.


Nous verrons, à l’occasion d’un prochain post, que les femmes ont également un doute existentiel, pour la même raison, mais qu’elles y répondent d’une autre manière. La combinaison de ces doutes donne une explication étonnamment simple des difficultés que vivent les couples. Car les couples modernes subissent une attaque très violente. Pas tant de l’extérieur que de l’intérieur.


Pour se tenir debout, il n’y a pas de miracle : il s’agit d’un processus psychique que tous les garçons, depuis plus de 15 000 ans selon les anthropologues et dans toutes les régions du monde, vivent à l’occasion d’un rite de passage. C’est ce que nous avons recréé au sein de l’association Au Cœur des Hommes au travers de camps pour hommes et des week-ends Père-Fils, afin que chacun reçoive la force d’être un homme vivant. Un homme debout. Un homme nouveau.

Sommes-nous exposés ?

Se mettre debout est une première étape nécessaire mais insuffisante, car le monde n’est pas un monde de bisounours. Nous le voyons bien avec la crise actuelle : nombre de personnes interviewées par les médias ont peur et se terrent, les autres sont des va-t’en guerre inconsidérés et inconscients. Tout le monde découvre que notre civilisation occidentale est faible et fragile, occupée à se déconstruire avec des idéologies destructrices.


Se tenir debout dans un entre-soi mondain catho, bien sous tout rapport, répondant au canon bourgeois, est pire que tout. Car l’entre-soi sent le moisi, au minimum le renfermé. Si nous n’utilisons pas ce qui nous a été donné, en particulier lors de notre confirmation, c’est-à-dire l’Esprit Saint, il nous sera retiré.


C’est cela se tenir debout sur la brèche. C’est entrer dans une vie de mission. Nous n’avons pas la responsabilité de convertir, car c’est le job de Dieu. Notre responsabilité est d’annoncer la bonne nouvelle et témoigner de ce que Jésus à fait dans notre vie. Si nous ne le savons pas, voilà le programme de l’année à venir : chercher ce que Dieu à fait dans ma vie pour pouvoir en témoigner.


Car Dieu agit. Il agit car il est vivant. Le croyons-nous seulement ? Nous, les bons cathos ? Croyons-nous que Jésus soit vraiment vivant ?


Au cours de ma vie, j’ai pu constater l’action de Dieu au lieu même de mes plus grandes craintes. Notamment la peur de manquer. A un moment, j’étais au bord du gouffre financier en plus d’être touché par la maladie de ma femme, nous nous sommes sentis totalement démunis face à une situation qui nous dépassait. Nous avons donc fait un acte d’abandon avec ma femme. Deux jours après, nous recevions une grosse somme d’argent venant de l’administration pour une erreur de calcul remontant à plusieurs années auparavant. Nous n’avons jamais compris la somme reçue malgré les échanges téléphoniques pour la comprendre. Nos interlocuteurs étaient interloqués devant notre volonté d’être certains que cette somme nous soit due. Cet acte d’abandon fut le point de redressement progressif de notre situation familiale, même si la maladie fut longue. Nous l’avons vécu avec l’assurance de la Présence de Dieu. Ce n’est qu’un exemple. Nous avons vécu guérisons, coïncidences improbables et répétées, affaires absolument surprenantes avec saint Joseph.


Vivre la Présence de Dieu n’est pas réservé à certains. Elle est pour chacun et chacune de nous ! L’Évangile nous invite à avoir la foi d’Abraham, de Job, de Noé, de Joseph : à choisir la confiance en Dieu, à décider d’accueillir la présence de Dieu et l’accueillir comme un cadeau. C’est cela se tenir sur la brèche, en présence de Dieu, ayant revêtu l’armement d’Ephésiens 6.


Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. En toute circonstance, que l’Esprit vous donne de prier et de supplier : restez éveillés.


Non, la vie d’un homme n’est pas une promenade tranquille.

Par Bertrand Chevallier-Chantepie

Coach professionnel et délégué général Au Cœur des Hommes

Ancien de la 1e Coëtquidan




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