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19 novembre 2020
Le mot du Padre

Fier de sa foi - Le Mot du Padre, par l'Abbé Gérard Thieux

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On a abondamment parlé ces jours-ci – et cela va probablement continuer – de l’interdiction faite aux fidèles d’assister à la Messe. Chacun y va de son indignation, de sa solution, de sa décision (ou pas) d’aller manifester sur le parvis des églises, quitte à entendre la Police intimer l’ordre de ne pas chanter de chants religieux ou de ne pas prier à voix haute, quand on ne risque pas de se faire arrêter…

On croit marcher sur la tête, mais au-delà de nos réactions épidermiques, il faut espérer (et prier) que tout cela ne soit bientôt qu’un mauvais souvenir que des temps meilleurs effaceront. Ceci dit, gardons-nous bien d’alimenter un quelconque mauvais esprit ou d’entretenir de l’amertume, car le chrétien est un homme et une femme de foi, d’espérance et de charité.

La foi nous dit que l’Eucharistie est le renouvellement du sacrifice de la Croix et il est finalement assez logique que nous nous retrouvions au pied de la Croix de Jésus. Certains ne veulent pas croire en Lui mais nous, nous croyons, et c’est pourquoi nous pouvons prendre l’habitude de faire un acte de foi à chaque fois que nous passerons devant une église ou, mieux encore, quand nous y entrerons, car elles restent ouvertes. N’oublions pas : l’Église vit de l’Eucharistie, comme l’affirme la première phrase d’une Encyclique de saint Jean-Paul II publiée en 2013.

L’espérance nous dit que l’Église a traversé des périodes plus sombres – pensons aux persécutions des premiers siècles – et elle nous assure que le sang des martyrs féconde la terre. Alors, oui, nous nous relèverons, et c’est notre rôle à tous d’être sur la brèche.

La charité nous invite à aimer : à aimer notre Seigneur qui, par amour, a donné sa vie pour nous sur la Croix et nous la donne dans la sainte communion ; à aimer notre Pape, nos évêques, et nos prêtres qui souffrent de cette situation et sont, d’une certaine manière, impuissants à la résoudre ; à aimer ceux qui ne nous aiment pas, car notre prière pour eux est une douce obligation imposée par le Seigneur : "Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux" (Mt 12, 42-45).

À l’heure où j’écris, une nouvelle vient de tomber, qu’un site d’information continue résume ainsi : « Il n’y aura pas de reprise des cérémonies avant la réouverture des commerces ». Assimiler l’exercice du culte à une activité commerciale est pour le moins surprenant, et surtout offensant. Mettons cela sur le compte de l’ignorance et c’est pourquoi je voudrais vous inviter à aller plus loin dans notre réflexion.

Rappelez-vous : « Fils de la chrétienté, le scout (la guide) est fier de sa foi : il travaille à établir le règne du Christ dans toute sa vie et dans le monde qui l’entoure ». Le moment est venu d’être audacieux, de ne pas hésiter à parler de cette foi que l’on veut bâillonner mais que si peu de gens connaissent. Le moment est venu pour nous de rouvrir notre Catéchisme de l’Église Catholique et de relire les numéros 1322 à 1419, afin d’être “imbattables” sur le sujet de cette merveille d’amour qu’est l’Eucharistie. Nous pourrons ainsi adopter non pas une attitude militante, qui ne sert à rien, mais une attitude apostolique et missionnaire qui ouvrira des perspectives à ceux qui n’en ont pas : nous parlerons encore et encore de la Présence réelle de Jésus dans le Saint Sacrement, et de la nourriture céleste qu’il nous offre dans la communion.

Ma proposition : entrez dans les églises devant lesquelles vous passerez et allez rendre visite au Seigneur dans le tabernacle, pour lui demander pardon pour tant d’ignorance et d’offenses. Mais surtout, surtout, dites-lui que vous l’aimez, et que nous comptons sur Lui pour assister bientôt à un nouveau printemps pour notre Église.

Mais de notre côté, soyons audacieux pour proclamer la vérité auprès de nos concitoyens car, leur dit le Seigneur, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres (Jean 8, 32). Chacun de nous doit être l’artisan de cet apostolat : là où nous sommes, auprès des personnes qui nous entourent, proclamons qu’il est grand le mystère de la foi, et infiniment aimable.

 

 

Abbé Gérard Thieux
CDR de Rennes


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