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14 septembre 2021
Vie professionnelle

Le portefeuille de compétences (ou comment valoriser ses compétences extra-professionnelles).

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Et si votre CV était bien plus que la suite chronologique de vos diplômes et de vos expériences professionnelles ?

Même si cette proposition est particulièrement bien accueillie par les étudiants qui ont encore peu d’expérience professionnelle, elle reste pertinente tout au long de sa vie professionnelle. Lorsque j’ai le plaisir d’enseigner à des étudiants en bac +2 ou en bac +3, ils me disent souvent leur désespoir de « ne rien avoir à mettre » dans leur CV. Je fais alors des sondages à main levée avec des questions telles que : 

  • Qui est chef ou cheftaine scout ? 
  • Qui a son BAFA ? 
  • Qui pratique une activité musicale depuis longtemps ? 
  • Qui fait du sport à bon niveau ? 
  • Qui a visité trois pays ou plus ?
  • Qui est investi dans la monde associatif ?

Je découvre ainsi une mine de talents « cachés » car jugés non « utiles » ou « non appropriés » par ceux qui les développent. J’invite alors les étudiants à effectuer un travail d’introspection sur une carte mentale, ou un autre moyen graphique, pour qu’ils écrivent librement une autobiographie. Ensuite, je les invite à mettre devant chaque branche de leur carte mentale le talent ou une compétence qu’ils développent dans telle ou telle activité. 

J’ai trouvé sur le site de l’académie de Nantes une belle définition du portefeuille de compétences : « Le portefeuille de compétences est la mémoire de mes expériences professionnelles et personnelles. ». En effet, j’explique à mes jeunes étudiants que les expériences personnelles sont parfois plus importantes que les expériences personnelles. Je me souviens de cet étudiant qui n’avait dans ses expériences que trois mois de Mac Donald dans son CV. En discutant avec lui, il est apparu qu’il était pompier volontaire, 2ème Dan de Karaté et qu’il enseignait cet art martial aux plus jeunes en difficulté sociale. Quand je lui demandais si le karaté et les pompiers lui apportaient plus que les trois mois chez Mac Do, la réponse fut évidemment oui et il est devenu intarissable sur ses compétences et ses réussites. 

 

La question que je vous invite ainsi creuser, particulièrement pour les plus jeunes d’entre nous, c’est de savoir tout ce que vous apportent ou ce que vont ont apportés vos activités extra-professionnelles et bien entendu vos activités dans le scoutisme.  

Quels acquis ou quelles compétences puis-je mettre en avant ? 

« Je suis super compétent en « installs » ou en topographie » Est-ce vraiment pertinent dans un CV ?… Peut-être pas… ». Il est important d’ouvrir un chapitre avec des noms anglophones - pardon pour les puristes - pour différencier les différents types de compétences et je vous propose d’en retenir trois : « Hard Skills, Soft Skills et Mad Skills ». 

Les « Hard Skills », sont probablement les plus évidentes car elles sont liées à des champs d’application bien définies. Je suis compétent en comptabilité, en management, en plomberie… Ces compétences qui sont le plus souvent démontrées par des études, des diplômes et de l’expérience, sont certainement déjà sur votre CV et elles en sont peut-être même le titre. Nos expériences extra-professionnelles sont parfois un peu éloignées de ces champs de compétences et ce n’est peut-être pas le premier filon que je vous invite à creuser pour trouver d’autres pépites. 

Les « Soft Skills» sont souvent traduites par les « compétences interpersonnelles » ou le « savoir-être ». Elles sont parfois démontrées par des diplômes ou des certifications du domaine du « développement personnel » mais elles viennent principalement de nos expériences et ce que nous avons pu en tirer. C’est certainement un très bon filon pour trouver des trésors ou plutôt vos trésors. Vivre ensemble, s’occuper de plus petits que soi, prendre la responsabilité d’un groupe, gérer les caractères différents pour atteindre un objectif commun sont autant d’expériences et de qualités que nous développons dans notre sphère personnelle – grâce au scoutisme notamment - et qui sont très recherchées en entreprise. 

Les « Mad Skills » sont de plus en plus mises en avant. En effet, devant le développement et la mise en avant des soft skills, ces dernières ne sont plus forcément différenciantes et les recruteurs recherchent de plus en plus ce que je traduirais comme des « compétences atypiques ». Quelle est le sport très particulier que vous pratiquez ? De quel instrument médiéval êtes-vous un spécialiste ? Comment racontez-vous votre passion pour la slackline ? Vous trouverez ici encore d’autres pépites à mettre en avant qui seront tellement atypiques qu’elles resteront dans la mémoire du recruteur et qu’il pensera ainsi naturellement à vous pour tel ou tel poste. 

Nous sommes toutes et tous des êtres d’exception car nous sommes uniques. Ce que nous sommes ne se limite pas à des diplômes ou à des expériences professionnelles et quand nous sommes recrutés c’est en tant que personne et pas juste en tant que robot ayant une compétence particulière. Si nous n’avons pas de « savoir-être », nous aurons assez souvent du mal à appliquer notre « savoir-faire » car nous vivons en interaction avec les autres. Vous avez toutes et tous des pépites à raconter à commencer par vos expériences scoutes. Les deux questions sont : « Avez-vous pris le temps et le recul pour prendre conscience de ces trésors ? » et « Avez-vous réfléchit à la meilleure façon d’en parler pour atteindre vos objectifs ? ». 

Pour répondre à ces deux questions, nous vous invitons à télécharger et compléter la « Grille d’auto-évaluation des compétences pour chefs et cheftaines », outil réalisé par L’AGSE et Le RASSO avec la participation de nombreux chefs et cheftaines et de professionnels des ressources humaines.  

Clique ici pour télécharger la grille

 

par Aymeric Magnan de Bellevue, diacre permanent, coach, formateur

 




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