Actualités

Partager sur :
17 novembre 2021
Vie professionnelle

Être actrice de son évolution professionnelle

Vue 248 fois

« Être actrice » : pourquoi ? ou surtout pour quoi ? Est-ce indispensable d’évoluer ? Y a-t-il des spécificités féminines de l’évolution professionnelle ?

Être actrice de son évolution professionnelle signifie a priori qu’il faut avoir un minimum d’ambition. Or, l’ambitieux est souvent perçu comme un requin aux dents longues. Pour contrer cette image, Philippe Laurent – conférencier - affirme que : " L'ambition n'est pas une volonté de puissance, mais de réalisation de soi. La véritable ambition n'est pas velléité, mais moteur d'action pour avancer en se dépassant."

Alors, êtes-vous ambitieuse ? Et comment vous positionnez-vous sur une échelle de 0 à 10 : subissez-vous ou êtes-vous actrice de votre évolution professionnelle ?

Pour aller plus loin, je vous propose une réflexion personnelle en plusieurs parties.

Première partie : où vous situez-vous parmi les étapes-clés d’une carrière, réparties ainsi ?

(sachant que les frontières ne sont pas aussi étanches et la délimitation des tranches d’âges peut être également nuancée)


 

  1. Découverte et désillusion : démarrage de la vie professionnelle. Confrontation à la réalité de l’entreprise. Période exaltante d’entrée dans le monde adulte et d’expérience de l’autonomie. Et aussi début des désillusions (le 1er emploi n’est pas le plus passionnant ; on doit ronger son frein même si on croit avoir le bon métier dans la bonne entreprise ; parfois un 1er emploi alimentaire est incontournable…). Certains jeunes pros attendent aussi beaucoup de leur travail, sans doute trop. D’autres refusent le mode de vie qu’on leur propose.

 

  1. Construction et déploiement : temps de la maturité avec acceptation du monde du travail, nécessité de suivre les règles parce qu’il faut « assurer », faire vivre sa famille… C’est la période où se pose la question de l’ambition personnelle. Il y a des choix importants à faire pour ne pas passer à côté de sa vocation.

 

  1. Remise en question : la crise du milieu de la vie entre 40 et 50 ans confirme la nécessité d’une remise en question. Aux questions professionnelles s’ajoutent en effet des questions plus larges. Certains sont alors tentés par de grands bouleversements et remettent en cause leur métier, leur couple, leur vie. Il peut y avoir une tentation de fuir le réel pour un hypothétique meilleur, sans prendre le temps d’analyser les raisons du désenchantement et de creuser le sens de sa vie. De plus l’évolution du monde économique rend les carrières longues et ascendantes de plus en plus rares. On ne reste plus toute sa vie dans le même métier. Encore moins dans la même entreprise. Selon des études récentes, le rythme de progression de carrière se modifie à partir de 40 ans imposant à beaucoup de salariés une stagnation, voire une régression ou une évolution obligée vers une nouvelle vie professionnelle. Cette période est une excellente opportunité pour réfléchir à sa vocation profonde et remettre les pendules à l’heure.

 

  1. Maturité et accomplissement ?: Les dernières années de vie pro sont parfois angoissantes. Les problèmes d’emploi pour les seniors réclament d’être très prudents. C’est aussi pour les parents le départ des enfants avec le syndrome du nid vide. Surtout c’est le moment où la question du sens de sa vie reprend force, avec la retraite qui se profile. Que faire de ce temps de retraite ? Cela peut être le moment de concrétiser une vocation jusque-là négligée.

 

Deuxième partie : quelle est votre vision du travail ?

  • Un boulot ? = une sorte de mal nécessaire auquel on consent pour des raisons économiques afin d’assurer sa subsistance ?
  • Une carrière ? = un moyen de vous réaliser avec comme mots-clés efficacité et performance ?
  • Une vocation ? = votre contribution à la co-création grâce à l’utilisation féconde de vos talents pour vous et pour les autres ?

 

Troisième partie : quels sont vos freins à évoluer professionnellement ?

Tout d’abord une précision : les femmes ne réussissent pas moins que les hommes mais souvent elles se mettent elles-mêmes des freins qui ralentissent le développement de leur carrière. Il est important d’identifier et de travailler sur ces freins endogènes :

  • Stéréotypes et croyances limitantes
  • Difficulté à savoir se vendre et à se rendre visible
  • Tendance à se montrer trop disponible et à ne pas savoir gérer ses priorités
  • Tendance à penser que bien faire son travail suffira à grimper les échelons d’une entreprise
  • Difficulté à décoder le système politique et un certain malaise quant aux notions de pouvoir et d’influence
  • Difficulté à faire des choix de carrière impliquant des renoncements personnels ou professionnels…

Ainsi qu’une tendance à la fuite. Ce n’est pas parce que notre environnement nous paraît plus incertain et dangereux que notre avenir nous échappe. Nous disposons de marges de manœuvre et de possibilités d’action dont il convient de profiter pour construire notre avenir. Si nous sommes impuissantes pour diriger le vent, il nous restera toujours la liberté d’orienter nos voiles, comme le dit James Dean.

 

Quatrième partie : avez-vous le sentiment de vous accomplir dans votre travail ?

Si vous êtes satisfaite, tant mieux ! C’est que vous êtes à votre place !

Si vous n’êtes pas satisfaite, est-ce, selon vous temporaire car lié à des événements ou circonstances particulières ? Ou en lien avec un mal-être plus profond ?

Dans tous les cas, prenez le temps de faire un petit « audit » de votre emploi actuel * :

  • Contenu du poste par rapport à vos talents et souhaits d’évolution
  • Conditions de travail : salaire, horaires….
  • Ambiance et qualité de vie au travail
  • Entreprise, santé économique, secteur, sens

 

Cinquième partie : les options d’évolution qui s’offrent à vous

Pour ne pas en rester à une stagnation, frustration, limitation de vos talents, démotivation durable… acceptez de faire un pas vers le changement ! Quatre possibilités d’évolution s’offrent à vous :

  1. Chercher une évolution dans votre entreprise avec un poste correspondant davantage à vos talents, dans lequel vous réussirez mieux et serez plus heureux
  2. Rejoindre une autre entreprise avec de meilleures conditions de travail
  3. Envisager un changement de métier (par exemple au moyen d’un bilan de compétences)
  4. Rester tout en changeant de regard sur votre travail pour y retrouver du sens ou en modifiant votre façon de travailler

Avec une vigilance sur les avantages et les risques d’un changement radical (risque personnel d’échec, risque financier et risques pour votre santé, votre équilibre de vie, votre famille)

 

Sixième partie : pour vous y aider : memento des 8 clés pour être actrice de son évolution professionnelle

  1. Cultiver et développer son réseau professionnel physique et digital : un réseau se crée et s’entretient régulièrement
  2. Connaître ses motivations professionnelles : être au clair avec ses moteurs et aspirations
  3. Acquérir des compétences plus approfondies ou nouvelles
  4. Dessiner sa vision : votre objectif à 5 ans
  5. Elaborer son projet professionnel pour augmenter ses chances de réussir
  6. Être en veille sur les opportunités en interne ou en externe
  7. Communiquer et se positionner : se faire reconnaître, se faire connaître, se faire comprendre. Développer son pouvoir d’influence
  8. Et veiller à ne pas tomber dans l’ivresse des cimes en préservant son équilibre vie pro/vie perso (voir l'article Vie pro / Vie perso : faut-il un équilibre ? du même auteur) 

 

Alors, prête à passer de la passivité à l’action ?!
Prête à adopter une saine ambition professionnelle pour vous dépasser et vous épanouir au travail ?
Prête à poser les jalons pour déployer encore davantage votre vocation professionnelle ?

 

*Extraits du livre « Ta vie est une mission » de Marguerite Chevreul.

 

par Clotilde BoyerCoach professionnelle, consultante et formatrice. Commissaire de District Manche.

 




Commentaires

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire. Connectez-vous.

Proposer une actualité