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LE PORTRAIT DU RASSO - Les scouts du Choeur de Saint Cyr, gagnants de "La France a un incroyable Talent"

23 décembre 2021 Les portraits du RASSO

Le RASSO : Vous venez de gagner la finale de « La France a un Incroyable Talent », pourquoi y avoir participé ? Quel message vouliez-vous faire passer ?

Wandrille : La production de l’émission a contacté Paul, notre chef de Chœur, lui-même ancien scout, pour nous proposer de participer à La France a un incroyable Talent. Nous en avons discuté, un peu mitigés au début, nous nous sommes finalement lancés.

Baudoin : Le chant que nous avons proposé lors de la 1e émission a été écrit au début des années 2000 en hommage aux soldates morts pour la France. C’est le message que nous voulions faire passer : rendre un hommage à ces soldats, chanter un chant qui avait du sens, qui portait nos valeurs. Nous voulions porter un message de cohésion, de fraternité en chantant avec nos camarades.

Le RASSO : Ça fait quoi d’avoir eu le Golden buzzer et d'avoir pu aller directement en finale ?!

Arthur : D’abord une grande surprise ! C’était pour nous l’inatteignable. Cela dit, on a commencé à espérer quand Karine Lemarchand s’est approchée du jury et qu’elle a exprimé son amour pour ceux qui se donnent pour leur pays.
C’était d’abord une joie qui s’exprimait intérieurement car nous étions dans notre uniforme et on ne peut pas bouger n’importe comment quand nous sommes en grand uniforme... Il oblige a une certaine tenue quand même ! Après, dans les coulisses, c’était plus détendu !

Le RASSO : Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer le Chœur de Saint Cyr ?

Wandrille : Nous avons tous chanté aux scouts et dans nos familles. Nous chantions également dans la chorale de nos prépas. Quand on a intégré Saint Cyr et sa chorale, on a commencé un vrai travail ! Jusque-là c’était assez amateur, dans le Chœur, c’est plus sérieux, on acquiert de vraies techniques de chant.

Le RASSO : Qu’est-ce qui vous a donné le goût du chant ? Est-ce que vos années de scoutisme y ont contribué ?

Baudouin : Evidemment ! Le style de chants est très proche, mais ce n’est pas tout à fait le même registre. On se rapproche parfois plus du répertoire religieux.

Wandrille : C’est finalement plus aux scouts qu’on emprunte au registre militaire que l’inverse... Prenons la Cavalcade par exemple !

Le RASSO : Le texte de la promesse scoute dit « [Sur mon honneur, avec la grâce de Dieu,] je m’engage à servir de mon mieux Dieu, l’Église, ma patrie et l’Europe, à aider mon prochain en toutes circonstances, à observer la loi scoute. » L’expérience scoute vous a-t-elle influencés dans votre choix de devenir militaire ?

Arthur : Oui, il y a une suite logique. Servir ma patrie m’a toujours intéressé, et c’est en rencontrant des Saint-Cyriens que j’ai compris que c’était dans cette façon de servir que le Bon Dieu m’attendait et que c’était de cette façon que je pourrai le mieux être fidèle à ma promesse scoute. Il y a une résonnance assez extraordinaire à la promesse scoute dans notre métier !

Wandrille : En effet, il y a une vraie continuité entre notre progression scoute et le métier que nous avons choisi. Quand j’étais CP, j’ai beaucoup travaillé sur l’article 3 de la Loi scoute pour avancer dans ma progression personnelle. « Le scout est fait pour servir et sauver son prochain. », en méditant sur cet article ça m’a beaucoup aidé à faire ce choix de vouloir intégrer Saint Cyr.

Le RASSO : Avez-vous été chef (à la meute, à la troupe ou au clan) ?

Wandrille : Nous sommes encore tous chefs ! En prépa, c’est compliqué de tenir un engagement sérieux et dans la durée, donc nous nous proposions pour compléter les maîtrises des camps d’été. En intégrant le 2e bataillon de Saint Cyr, on a pu faire le choix de nous engager comme chefs. Pierre et Arthur sont à la 1e Brocéliande et Baudouin et moi, sommes chefs à la 3e Vannes.

Le RASSO : Votre expérience scoute vous aide-t-elle aujourd’hui dans votre formation militaire ? Pensez-vous qu’elle vous aidera à être chefs et commander des hommes ?

Pierre : Complètement ! Dans la gestion tant des personnes dont on a la charge que dans l’organisation logistique. Préparer et conduire un week-end scout nous apprend à anticiper, à développer une capacité d’adaptation et cela nous aide énormément pour notre futur métier.
De même que nous sommes charges d’âmes des scouts, nous aurons plus tard des soldats dont nous aurons la charge. Cette expérience est extrêmement fondatrice, elle nous apprend à être présent, à savoir dialoguer, écouter. Dans les moments plus durs, il faut savoir insuffler l’élan aux scouts pour les motiver. Ce sera finalement assez similaire en régiment plus tard.

Arthur : En école, on est d’abord élève, on a des occasions de passer en responsabilité mais elles sont finalement peu nombreuses. Le fait de pouvoir un week-end par mois, donner de son temps et servir vraiment gratuitement avec nos scouts, ça nous rappelle ce qu’est d’être chef et de se mettre au service.

Wandrille : Ça nous prépare aussi à tenir notre engagement, pas toujours facile a concilier avec une formation exigeante. Ça nous oblige à savoir anticiper, à bien s’organiser et réagir en situation de crise. Ça nous entraîne pour notre futur métier !

Le RASSO : Comment vivez-vous le scoutisme au quotidien ? Comment l’envisagez-vous dans votre futur métier ?

Pierre : Pour moi, il y a deux aspects ; le premier, c’est le service et la Bonne Action quotidienne et le deuxième, c’est l’enthousiasme. Le scoutisme nous pousse à aller vers les autres, à rendre service, ce qui est au cœur de l’engagement scout en y mettant toujours de la bonne volonté, de la joie et du sourire dans les gestes qu’on fait.

Wandrille : C’est peut-être plus facile pour nous… A Coëtquidan, on est entouré de beaucoup de « bons gars » avec qui on peut parler assez librement de notre engagement scout, on n’est pas totalement perdu ! Ce n’est pas comme certains de nos amis, dans la vie civile, à la fac ou autres qui sont beaucoup plus isolés. Ici, au moins ¼ de la promo a été scout, y compris chez les filles.
Je rejoins Pierre, ce qui nous permet de vivre le scoutisme au quotidien, c’est l’enthousiasme. Dans notre métier d’officier, dans notre formation d’élève, il y a parfois des côtés assez pénibles où on découvre les aspects assez répétitifs du métier de militaire, alors l’esprit scout de toujours chercher à agir en étant motivé, avec le sourire, ça nous parle.

Baudouin : Je pense en premier lieu au service. Notre vie sera au service de nos hommes et de ce qu’on nous demandera pour la France. C’est quelque-chose auquel la promesse nous a préparé, auquel la bonne action quotidienne nous a formé. C’est certainement plus naturel.

Wandrille : Du point de vue purement professionnel, quand on arrive à Saint Cyr, les premières instructions que l’on reçoit quand on part sur le terrain, c’est comment monter un bivouac, dormir sous une bâche, bref, quelques aspects élémentaires du campisme, et tout ça, on l’a déjà expérimenté grâce au scoutisme. La première semaine de terrain, on est quand même assez à l’aise, ce qui nous permet d’aider nos camarades.

Le RASSO : Quel était votre cri de patrouille ?

Pierre : Guépard, prêt au départ !

Arthur : Gerfaut, sans peur et sans reproche !

Baudouin : Orque, agile et puissant !

Wandrille : moi, c’était quand même un peu mytho… Caracal, mythique et loyal !

Le RASSO : Un chef (scout ou militaire) que vous aimeriez remercier (qui a compté pour vous) ?

Pierre : Mon 1e chef de troupe. Quand on arrive tout juste à la troupe, le chef c’est un peu le grand frère, le modèle. Il m’a beaucoup marqué quand il nous a lu le texte "Etre jeune" de Douglas MacArthur.

« La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une qualité de l’imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort. On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. »

Général Douglas MacArthur
Être jeune, 1945

C’est un texte que j’ai étudié plusieurs fois pendant ma scolarité, en prépa ou à Saint Cyr. A chaque fois, ça me fait penser à ce WE de troupe où tôt le matin, il nous avait lu ce texte qui continue de me conduire.

Le RASSO : Votre plus beau souvenir scout ?

Baudouin : Ma promesse !... Aux flambeaux, sur les hauteurs du Puy-en-Velay, un 15 août.

Wandrille : Mon année de chef de patrouille… J’étais en Terminale et je vivais mon scoutisme à fond, tous les jours, je ne faisais que ça ! Ça m’a énormément forgé. Ça m’a aussi aidé à choisir mes études.

Arthur : Mon année de CP également et surtout mon camp d’été qui m’a bouleversé intérieurement. Il y a toujours un moment dans sa vie où l'on passe d’une foi assez passive et qui se laisse couler à une rencontre profonde avec le Bon Dieu. J’ai vécu cette rencontre pendant ce camp. Il y avait des topos très forts qui donnaient un cadre moral et religieux à nous tous, jeunes scouts. Ce camp m’a beaucoup construit. Plus généralement, une année de CP est une année merveilleuse. Faire l’expérience d’être charge d’âmes, ce n’est pas rien, même avec les frêles épaules qu’on a à 17 ans.

Pierre : Mon dernier raid en direction de Rocamadour et toutes les rencontres que j’ai pu y faire.

Le RASSO : Une anecdote scoute à nous raconter ?!

(Petit jeu de regards entre Baudouin et Wandrille… : « On le dit tu penses ? »)

Baudouin : Bon, on y va, en plus ça pourrait faire le lien entre notre engagement scout et notre métier. Ça nous est arrivé lors de notre dernier week-end de troupe... Notre thème de camp et d’année est l’indépendance de l’Ecosse, on avait donc préparé des jeux en rapport avec ce thème. Les scouts avaient pour objectif de couper un tronc d’arbre à la hachette le plus vite possible et dans les règles de sécurité. Un scout s’est blessé. C’était la 1e fois que ça nous arrivait mais avec les compétences acquises grâce au scoutisme et à notre formation militaire, on s’en est très bien sorti et ça nous a fait sourire... enfin après coup !

Pierre : Chaque année, il y avait une tradition dans notre troupe. Après le concours-cuisine, quand les chefs n’en peuvent plus et sont « sur la digestion », on arrivait tous avec des pétards et de la farine dans le Kraal, ça les mettait dans un état pas possible !

Arthur : Il y avait un scout dans ma patrouille qui avait la particularité de se blesser tout le temps. Au premier camp d’été, il a eu un nombre de points de suture assez impressionnant à la suite d’une blessure faite pendant le grand jeu. A la rentrée suivante, au tout premier week-end, il se blesse de nouveau sur des barbelés. Puis au camp d’été, nous étions trop contents d’utiliser notre nouvelle machette Fiskars achetée grâce à une vente de gâteaux. J’étais second, après avoir rappelé les consignes de sécurité sur le maniement de la machette… on revoit notre scout revenir 20 minutes après avec la machette dans une main, un grand sourire au visage et une large entaille au niveau de la jambe… même les chefs en avaient marre de le soigner !

Le RASSO : Une citation qui vous guide ?

Baudouin : J’aime beaucoup la phrase de Tom Morel « Nous sommes faits pour une vie héroïque  ». C’est une phrase très inspirante quand on sait qu’il n’avait pas loin de notre âge quand il l’a prononcée. C’est à la fois plein d’humilité - quand on connaît la vie de Tom Morel - et en même temps plein de courage.

Wandrille : Chaque année, on a un parrain de promo à Saint Cyr. Pour nous, c’est le général Caillaud, un parachutiste qui a combattu en Indochine, en Algérie et qui s’est ensuite beaucoup investi dans des associations d’entraide pour militaires. Il dit simplement « On se reposera quand on sera mort ». Pour moi, c’est une piqûre de rappel pour "se donner sans compter".

Pierre : Pour moi, c’est le passage de Guy de Larigaudie sur le sourire  dans Etoile au grand large… Ce texte m’inspire d’autant qu’il m’est ardu à mettre en œuvre au quotidien, étant d’un naturel assez renfrogné parfois. Sourire, c’est une porte ouverte qui invite à se rencontrer, à discuter. C’est quelque-chose de beau et de complètement gratuit. J’ai découvert les écrits de Guy de Larigaudie grâce à mes années de scoutisme et ils continuent de me suivre aujourd’hui.

Arthur : C’est aussi une phrase de Guy de Larigaudie : « Il est aussi beau de peler des pommes de terre pour l’amour du Bon Dieu que de construire des cathédrales ». Elle pourrait sortir tout droit de la bouche d’un louveteau qui aurait tout compris à la joie de la meute. Peu importe la pénibilité apparente de la tâche qui nous incombe, il faut toujours considérer qu’on s’inscrit dans une œuvre qui nous dépasse. Ca nous permet de mettre un peu d’âme dans tout ce que l’on fait, y compris parfois, quand les heures sont un peu sombres.

Le RASSO : Un petit mot pour le RASSO ?

Merci d’avoir voté pour nous !!!

Propos reccueillis par Delphine Brosseaud, avec l'aimable contribution de Clothilde, guide de la IIe Chéroy.

 

 

ÊTRE JEUNE

La jeunesse n’est pas une période de la vie,
elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l’imagination, une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l’aventure sur l’amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille. Il demande
comme l’enfant insatiable : Et après ? Il défie les événements
et trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages
de la nature, de l’homme et de l’infini.

Si un jour, votre coeur allait être mordu par le pessimisme
et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.



D’après Général Mac Arthur 1945

 

Le Sourire


Il est un bon moyen de se créer une âme amicale : le sourire.
Pas le sourire ironique et moqueur, le sourire en coin de lèvres, qui juge et rapetisse.

Mais le sourire large net, le sourire scout à fleur de rire.
Savoir sourire : quelle force! Force d'apaisement, force de douceur, de calme, force de rayonnement.

Un type fait une réflexion sur ton passage... tu es pressé... tu passes... mais souris, souris vastement. Si ton sourire est franc joyeux, ton type sourira aussi... et l'incident sera clos dans la paix... Essaie.

Tu veux faire à un camarade une critique que tu juges nécessaire, lui donner un conseil que tu crois utile. Critique, conseil, choses dures à avaler. Mais souris, compense la dureté des mots par l'affection de ton regard, le rire de tes lèvres, par toute ta physionomie joyeuse. Et ta critique, ton conseil porteront mieux... parce qu'ils n'auront pas blessé.

Il est des moments où, devant certaines détresses, les mots ne viennent pas, les paroles consolatrices ne veulent pas sortir... Souris avec tout ton coeur, avec toute ton âme compatissante. Tu as souffert et le sourire muet d'un ami t'a réconforté. Tu ne peux pas ne pas avoir fait cette expérience. Agis de même pour les autres.

« Christ, disait Jacques d'Arnoux, quand ton bois sacré me harasse et me déchire, donne-moi quand même la force de faire la charité du sourire. »

Car le sourire est une charité.

Souris à ce pauvre à qui tu viens de donner deux sous..., à cette dame à qui tu viens de céder ta place..., à ce monsieur qui s'excuse parce qu'il t'a écrasé le pied en passant.

Il est malaisé parfois de trouver le mot juste, l'attitude vraie, le geste approprié. Mais sourire! C'est si facile... et cela arrange tant de choses! Pourquoi ne pas user et abuser de ce moyen si simple.

Le sourire est un reflet de joie. Il en est source. Et là où la joie règne - je veux dire la vraie joie, la joie en profondeur et en pureté d'âme - là aussi s'épanouit cette « âme amicale » dont parlait si bien Schaeffer.

Routiers, soyons des porteurs de sourires, et par là des semeurs de joie.

Guy de LARIGAUDIE




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