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[LE PORTRAIT DU RASSO] Solange Pinilla, fondatrice du magazine "Zélie"

10 août 2022 Les portraits du RASSO

LE RASSO : Bonjour Solange, qui êtes-vous ?

Solange Pinilla : Je m’appelle Solange Pinilla, j’ai 32 ans et je suis journaliste. Il y a sept ans, j’ai lancé le magazine Zélie, projet qui me réjouit profondément. Je suis mariée ; nous avons trois enfants de 1, 5 et 7 ans. Avant tout, je suis fille de Dieu, ayant eu la chance de recevoir la foi de mes parents. Côté caractère, je suis introvertie (parfois trop !) et d’un tempérament calme.

LE RASSO : Comment est née l’idée du magazine Zélie ? A qui est-il destiné ? Comment définiriez-vous la ligne éditoriale ?

S. P. : Diplôme de journalisme du Celsa en poche, et après une première expérience en alternance dans la presse professionnelle, je cherchais du travail. En sortant d’un entretien où l’on ne pouvait finalement pas m’embaucher faute de moyens - et je bénis cette entreprise aujourd’hui ! -, je me suis dit, un peu déçue : « Puisque c’est comme cela, je vais créer mon propre média ». Adolescente, j’écrivais déjà un journal mensuel pour quelques proches : « Le Journal de Gris-Gris », oui, c’était un écureuil. Depuis l’enfance, j’aime collecter des informations, et je suis comblée par la gratification qu’apporte un contenu graphique produit chaque mois. J’avais aussi remarqué qu’il n’existait pas de magazine féminin et chrétien catholique. Les magazines féminins en kiosque me semblaient trop commerciaux, ou encore il manquait la dimension spirituelle chrétienne.

Zélie est destiné aux femmes chrétiennes (fondant leur vie sur le Christ, ou essayant en tout cas !), de tous âges à partir, de 18 ans.

Avec mes collaborateurs, auxquels va ma reconnaissance, l’idée est de proposer des articles pour nourrir toutes les dimensions de notre personne : corporelle, intellectuelle, affective et spirituelle, à travers de nombreux thèmes : foi, culture, actualité, couple, mode, éducation, histoire...

LE RASSO : Pourquoi accompagner les femmes ? En quoi ont-elles besoin d’un magazine qui leur est destiné ?

S. P. : A dire vrai, je n’ai pas formulé cette volonté d’accompagner les femmes de manière consciente. Avec le recul, je me dis que s’abonner à un magazine féminin et chrétien répond aussi à un besoin d’appartenance : nous aimons naturellement partager quelque chose en commun avec un groupe, ici celui de femmes. Bien sûr, il peut y avoir des problématiques féminines, comme le cycle menstruel ; mais en réalité, ce thème concerne l’ensemble de l’humanité – qui est issue de ce cycle !

L’aspect féminin va s’exprimer davantage dans des figures féminines que nous mettons en avant : des saintes (par exemple, dans le dernier numéro de juillet 2022, les bienheureuses martyres d’Orange), des femmes dans l’histoire (dans ce numéro, Hélène Boucher, pionnière de l’aviation) ou encore des figures féminines inspirantes d’aujourd’hui (c’était Raphaëlle Hubin, créatrice de cercles de femmes). Il ne s’agit pas de montrer des modèles, mais de voir en quoi elles peuvent nous donner envie de développer nos talents et parfois de mieux suivre le Christ.

LE RASSO : De quoi les femmes ont-elles besoin aujourd’hui ?

S. P. : Cette question est vaste, mais je dirais d’abord un besoin d’être accompagnée. Aujourd’hui, on vit seule ou en famille restreinte, et l’on est davantage confrontée à l’isolement. Bien sûr, le modèle de la famille élargie avait ses inconvénients (vivre 24 heures sur 24 avec sa belle-mère n’est pas le rêve de tout le monde !), mais on pouvait davantage partager son expérience et vivre des moments chaleureux, pour autant que les conditions le permettaient.

Les femmes ont également besoin de se ressourcer. Zélie leur permet d’ailleurs un moment de pause, comme en témoignent beaucoup de lectrices. Il y a toujours ce double mouvement : recevoir et donner, sans oublier la phase intermédiaire de « retenir en soi », par exemple grâce à la gratitude. Selon les périodes de la vie, on éprouve parfois besoin de se donner davantage, ou de se ressourcer davantage. Pour « remplir son réservoir », cela passe notamment par une façon de mieux habiter son corps, accueillir ses sensations, ou tout simplement lire un bon livre ou prendre un bain chaud !

Enfin, les femmes ont autant besoin d’aimer, que de se réaliser ; de s’adapter aux autres (sans se suradapter) que de vivre leurs projets personnels. Gabrielle Vialla développe cela dans Recevoir le féminin : ce qu’elle appelle le mode « complétif » et le mode « réalisatif ». D’ailleurs, dans la Genèse, Dieu demande à l’homme et à la femme de faire fructifier la terre, pas uniquement à l’homme, bien évidemment.

LE RASSO : Et les hommes, ils vous lisent aussi ?!

S. P. : Il y en a quelques-uns, 3 % du lectorat selon notre dernière enquête. De fait, Zélie n’a pas un style très girly, mais évoque des thématiques variées, quoiqu’en partant souvent des personnes pour traiter du monde, et non l’inverse. Par exemple, dans le dossier de juillet 2022 sur les forêts, trois témoignages détaillés amènent à réfléchir sur le respect de la Création, à partir de plusieurs personnes incarnées, au lieu de démarrer de manière théorique.

LE RASSO : Quelles sont les plus belles rencontres que vous avez pu faire pour Zélie ?

S. P. : Je pense à Hélène Mongin, biographe de Louis et Zélie Martin – qui sont les patrons du magazine, leur photo est près de mon bureau -, une femme rigoureuse et passionnée. Ou encore à Bénédicte Delvolvé, qui propose des ateliers pour découvrir quelles couleurs de vêtements nous illuminent le plus et soulignent notre rayonnement… Les rencontres que j’ai faites pour le podcast de Zélie, pour lequel je vois les femmes en présentiel - et non par téléphone  -, m’ont particulièrement marquée. Et puis il y a les rencontres indirectes, par les livres, qui m’ont beaucoup fait grandir. On apprend des choses toute sa vie, on découvre au fur et à mesure l’étendue toujours plus grande du champ de la connaissance de l’humanité !

LE RASSO : Quel est votre parcours scout ?

S. P. : Il est un peu particulier, car j’ai fait seulement un an en tant que guide quand j’avais 13 ans ; à cette époque, je manquais beaucoup de confiance en moi, et je n’ai pas vraiment su trouver ma place. En revanche, quelques années plus tard, je suis devenue assistante de cheftaine de louvettes, et un peu plus tard assistante de cheftaine de louveteaux, et là j’ai beaucoup apprécié ce rôle !

LE RASSO : Que retenez-vous de votre expérience scoute ? Que vous apporte-telle aujourd’hui, dans votre professionnelle, familiale ou personnelle ?

S. P. : Ce que je préférais, c’est la vie dans la nature, pleinement dans le réel : l’odeur de la fumée de camp, celle de l’humus dans la forêt, la beauté de la végétation en hiver comme en été… Et la saine fatigue après une sortie ou un camp ! Comme cheftaine, j’ai beaucoup aimé encadrer cet âge du louvetisme, de 8 à 12 ans, où les enfants sont pleins de fraîcheur et de curiosité. Mon fils aîné ayant bientôt cet âge, je repense à cette période et aux problématiques qui lui sont propres.

LE RASSO : Vous avez 3 jeunes enfants, comment faites-vous pour garder un juste équilibre entre vie pro et vie perso ?

S. P. : Je dois avouer que cette année fut compliquée, avec ma fille de 1 an souvent malade (des maladies banales, mais autant de jours de crèche en moins) et un rythme familial intense. J’ai compris pourquoi beaucoup de personnes se plaignent de leurs conditions de travail : on travaille avec beaucoup plus de plaisir à 9 heures du matin qu’à 23 h 30 ! J’ai aussi dû ajourner certains projets pour Zélie, et dû enregistrer moins de podcasts que ce que j’aurais aimé. Mais je suis consciente qu’il y a des tranches de vie où l’on met plus l’accent sur la vie familiale ou sur la vie professionnelle, en fonction des besoins de chaque membre de la famille. Et puis l’enfance d’un enfant ne reviendra pas, il faut en profiter !

Néanmoins, ce qui fonctionne bien pour moi, c’est d’abord la passion pour mon travail, qui me permet de glisser mes lectures pour le magazine entre deux occupations à la maison. Le fait de travailler en indépendante et chez moi me permet une grande flexibilité : je peux ainsi être présente à la sortie de l’école, et ensuite éventuellement retravailler ou lire pour Zélie après le coucher des enfants. 

LE RASSO : Les guides et guides-aînées forment entre elles une communauté de femmes qui s’élèvent, s’entraident et se soutiennent, quel regard portez-vous sur la pédagogie scoute ? Comment aide-elle selon vous à se connaître et s’accomplir ?

S. P. : La pédagogie scoute me semble très équilibrée : elle invite à vivre l’aventure et à aimer son quotidien ; ou encore à se mettre au service des autres et à prendre du temps pour se ressourcer (le moment-lumière). Elle ne privilégie pas que le côte mental, elle propose de vivre des expériences ensemble. Et bien sûr, elle invite à mettre Dieu au centre de sa vie !

LE RASSO : Une devise qui vous guide ?

S. P. : « Amour et Vérité ». Sans l’Amour, la Vérité serait désincarnée et inaudible. Sans la Vérité, l’Amour serait faux et infécond. Dieu est Amour et Vérité.

LE RASSO : Une citation ?

S. P. : « En vieillissant, vous rendrez compte que vous avez deux mains, l’une pour vous aider vous- même, l’autre pour aider les autres. » (Audrey Hepburn)

LE RASSO : Une anecdote scoute ?

S. P. : Je me souviens avec émotion de ma promesse scoute, un 11 juillet dans la chapelle d’un château breton. J’avais choisi comme Patronne de ma promesse sainte Marie-Madeleine : une femme qui a mis sa soif d’amour dans le cœur du Christ.

LE RASSO : Une femme qui vous inspire ?

S. P. : Jeanne d’Arc ! C’est une guerrière, mais elle ne tue pas et pleure sur les morts anglais. Elle ne sait pas lire, mais sa parole est vive et limpide. Elle est forte et douce.

LE RASSO : Une sainte que vous invoquez souvent ?

S. P. : Sainte Zélie Martin, bien sûr. Surtout à 3 heures du matin quand ma fille se réveille et que je supplie sainte Zélie : « Vous avez vécu ça, vous ! Faites qu’elle se rendorme ! »

LE RASSO : Pour vous, une femme, c’est ?

S. P. : Une personne qui a un accès privilégié au mystère de la vie, soit potentiellement, soit de manière directe.

 

Solange Pinilla a fondé le magazine en ligne Zélie (100% chrétien - 100% féminin). Vous pouvez vous abonner gratuitement sur https://www.magazine-zelie.com/ et consulter les anciens numéros ici : https://www.magazine-zelie.com/anciens-numeros 

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