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01 septembre 2021
Progression personnelle

Quelle place pour l'authenticité dans nos relations humaines ?

Commençons par sa définition : l’authenticité est la qualité de ce qui est authentique, vrai, pur. Etymologiquement, cela provient du grec ancien « authentikós » qui correspond à « se détermine par sa propre autorité ».

Afin d’explorer en profondeur ce concept, je vous propose donc d’aborder successivement la vérité, la pureté, l’autorité, pour conclure avec un bonus spécial, la charité.

Vérité

L’authenticité implique la vérité. Cela semble évident que des relations humaines durables doivent se fonder sur la vérité – on parle aisément d’une relation vraie. Confrontée à notre quotidien, la vérité est-elle toujours accessible, souhaitable ? Afin de le vérifier, prenons l’exemple de diverses situations de relations humaines pour avérer la possibilité d’être en vérité en nous posant les bonnes questions.

Dans la relation amoureuse

Celle-ci commence nécessairement par une part de séduction : mettre en avant ses atouts (ou ce qu’on estime l’être), surveiller ses travers, ne voir que ce qui nous attire et nous séduit… Le temps permet de se connaître, d’apprendre à être ce que nous sommes et à recevoir l’autre tel qu’il est. Où commence l’authenticité dans cette relation amoureuse, a-t-elle sa place dans la séduction ou arrive-t-elle plus tard ?

Dans la relation amicale

Nos relations amicales sont-elles toujours dénuées d’intérêt ? N’ai-je pas intérêt à entretenir une relation avec une personne pour ce qu’elle peut m’apporter ? Une piscine alors qu’il fait chaud, un carnet d’adresse alors que j’arrive dans une ville, un prestige et bien d’autres motifs encore. Sommes-nous authentiques malgré l’intérêt que nous pouvons tirer d’une relation ? Existe-t-il une frontière qui permet d’être authentique tout en préservant son intimité ?

Dans nos relations professionnelles

Jusqu’à quel point pouvons-nous construire une stratégie relationnelle dans son entreprise tout en restant authentique ? Être bien vu pour être promu, est-ce incompatible avec l’authenticité ? Ces collègues que nous n’avons pas choisis, cette tête qui ne nous revient pas ou encore cette stratégie que l’on désapprouve… Comment rester authentique ? N’est-ce pas dangereux de se dévoiler complétement dans le milieu professionnel ?

Pureté

Pour répondre aux questions posées précédemment, je vous propose de nous appuyer sur la pureté de l’intention. Quelle est mon intention dans la relation avec mon interlocuteur ? C’est cette intention qui crée la dynamique de la relation. Cette intention va aussi fixer ce que je livre de moi, ce que je recherche chez l’autre et ce que l’on va mettre en commun, ce que l’on va construire ensemble.

Quant à la pureté, il s’agit de s’assurer d’une concordance entre ce que je présente et ce que je recherche. Un décalage entre ce que je présente et ce que je recherche revenant à de la manipulation.

Avec une intention pure, je « suis », dans le cas contraire, je recherche un « avoir ».

Prenons quelques exemples pour illustrer :

  • Dans la séduction, je peux rechercher le plaisir d’être admiré et/ou de posséder.

A contrario dans une relation pure, je cherche à entrer en relation avec une autre personne, c’est-à-dire à la connaître ; et pour cela, je me donne moi-même. Il ne s’agit pas d’un simple « échange » dans cette relation, mais d’une condition : pour recevoir, il faut donner. Il y a un apprentissage de la relation à l’autre pour rester authentique. Cela prend du temps et demande d’accepter l’autre tel qu’il est et non tel que j’aimerais le voir mais aussi de s’accepter et de se donner à voir tel que nous sommes.

  • Dans son entourage - qu’il soit familial ou amical - là encore, il faut avoir la volonté d’aller à la rencontre son interlocuteur. Est-ce que je veux connaître mon ami et lui donner la possibilité de me connaître ? Ou bien mon intention est-elle seulement « fonctionnelle » (j’ai besoin qu’il me donne un coup de main, me prête un outil, me présente à quelqu’un) ? Ne jouons pas la carte de l’amitié pour obtenir une contrepartie, soyons clair dans notre intention. Les longues prises de nouvelles sans réelle écoute pour finalement demander un service sont de la manipulation !
  • Enfin dans les relations sociales et professionnelle, être authentique ne consiste pas à dévoiler son intimité mais à vouloir rentrer sincèrement en relation avec des personnes en mesurant ce que l’on est prêt à donner de soi-même. « Alors, les vacances se sont-elles bien passées ?» n’est pas une phrase de politesse prononcée rapidement fin août mais le réel désir de savoir si son collègue va bien et la possibilité offerte de donner quelques infos sur ses propres vacances.

Authenticité et responsabilité

Chacun de nous peut se présenter de manière authentique en vérité, avec pureté. Nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, des personnes en situation d’autorité, de responsabilité. Et dans ce cadre, nous avons un rôle à tenir.

Par exemple, je suis père de famille, chef d’entreprise et diacre.

  • En tant que père et avant d’établir une relation d’adulte à adulte avec mes enfants, j’ai la responsabilité de les éduquer, ce qui implique un principe d’exemplarité.
  • En tant que chef d’entreprise, j’ai un leadership à exercer pour aller de l’avant même si je peux avoir des doutes.
  • Enfin comme diacre, je porte une parole d’Eglise malgré parfois des incompréhensions quant à certaines décisions. Notre responsabilité, notre mission nous obligent-t-elles à jouer un rôle au détriment d’une authenticité ?

Heureusement, nous pouvons exercer nos responsabilités avec authenticité. C’est ce qui donne de la coloration à la responsabilité. Tous les pères ne disent pas la même chose, tous les chefs d’entreprises n’entraînent pas leurs équipes de la même manière, tous les diacres n’exercent pas leur ministère de façon identique.

Nous devons être au service de notre responsabilité et des personnes qui nous sont confiées avec authenticité. L’exercice de la responsabilité s’effectue dans le cadre de ce que nous sommes.

Authenticité et charité

Je rencontre parfois des personnes de mon entourage - ou recommandées par un proche - en recherche d’emploi ou bousculées dans leur vie professionnelle. Elles me demandent un avis sur leur positionnement, leur projet professionnel ou sur leur candidature. A côté de la vérité de ce que j’ai à leur dire (pas forcément agréable à entendre) et la pureté de l’intention (sincèrement envie de l’aider à s’en sortir), j’essaye d’associer la charité : accueillir ce frère en Christ qui préférerait entendre que sa candidature est bonne, qu’il va trouver rapidement le job rêvé, etc. Lui faut-il un électrochoc, une prise de conscience en douceur ? Quelle est sa capacité d’entendre ? Suis-je la bonne personne pour lui dire ? Authenticité et charité se complètent. Il y a un discernement à effectuer sous l’angle de la charité pour ajuster son attitude. C’est bien l’authenticité de la relation que je recherche, plus qu’une authenticité de mon propos.

Finalement, l’authenticité de la relation c’est une intention pure, dans laquelle nous donnons (ou nous confions) à la hauteur de ce que nous voulons recevoir, tout en exerçant la charité. Beau programme !

 

Thierry Villemagne
Gérant d'Humanem, organisme de formation
"Je dois beaucoup au scoutisme : ma construction comme homme, la rencontre avec Cécile, mon épouse, la découverte de la joie de servir et aujourd’hui cela me nourrit comme gérant d’une entreprise de formation et alimente la réflexion d’HUMANEM Formation sur l’homme au travail.
 



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