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26 janvier 2021
Vie professionnelle

Valoriser son expérience scoute en entretien

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Quelques articles parus sur le Rasso vous ont convaincu de la nécessité de faire figurer l'expérience scoute dans votre CV ; ou bien, malgré nos incitations, vous avez préféré rester discret sur cette activité extra-professionnelle. Cependant, en préparant votre entretien, vous recherchez des situations dans lesquelles vous avez mis en œuvre les compétences demandées pour le poste et certains souvenirs scouts vous semblent les illustrer parfaitement ; ou encore, vous pensiez qu'il n'y avait aucun rapport entre scoutisme et vie professionnelle mais le titre de cet article vous interpelle et vous vous dites : « quel peut bien être ce lien ? »

Retenez le mot le plus important : préparation. Il y a plusieurs aspects dans un entretien de recrutement (des compétences au savoir-être en passant par cette délicate alchimie de la cohésion d'équipe et la projection dans les années à venir). Pour ce qui concerne la validation des compétences, elle doit être une démonstration assortie de preuves. Affirmer dans son CV avoir la capacité à être chef de projet, c'est pouvoir démontrer par des exemples, des situations réelles ce que vous mettrez en œuvre pour gérer un projet. Je rencontre trop souvent des personnes qui affirment sans démontrer, qui ont des difficultés à répondre à des questions aussi simples que : « quel est votre meilleur souvenir professionnel ? » ou « racontez deux situations professionnelles dans lesquelles vous avez fait preuve d'initiative ».

La seule ligne « scoutisme » sur un CV ne permettra jamais au recruteur de valider a priori une compétence même sur des sujets qui peuvent nous sembler évident tel que la loyauté ou encore l'autonomie. C'est l’expérience singulière de chacun qui sera prise en compte. Néanmoins, dans le cadre des activités scoutes, certaines compétences sont sollicitées et mises en œuvre. A cet effet, le RASSO et l’AGSE ont créé une grille associant scoutisme et vie professionnelle par les compétences. C'est un outil pratique et précieux. Il appartient à chacun de mettre en face de chacune des compétences des réalités vécues dans le scoutisme.

Avant chaque entretien, il est nécessaire de préparer une large liste d'exemples (d'histoires à raconter) illustrant les compétences demandées pour le poste. A l'intérieur de cette liste peuvent figurer des activités scoutes.

Pendant l'entretien, quelques conseils relatifs à l'expérience scoute :

  • Varier les expériences: Certes mon propos incite à parler de scoutisme mais le recruteur recrute une personne qui n'est pas juste un scout, veillez donc à diversifier les exemples pris. Avec un interlocuteur qui s'intéresse à votre vécu scout, vous pouvez tomber dans le piège de ne parler que d'une activité et de passer à côté du reste.
  • Eviter le jargon scout: le scoutisme dispose d'un vocabulaire qui lui est propre et qui peut être incompris ou mal compris. Il vous appartient d'avoir préparé des synonymes et des explications, puis lors de l'entretien de valider le niveau de connaissance du scoutisme du recruteur et d'être attentif au non-verbal de votre interlocuteur pour éventuellement expliquer ou reformuler. Exemples de difficultés liées au vocabulaire : le terme « patrouille » n'évoque pas forcement « équipe » ou l'expression « raid de progression » peut être mal interprétée.
  • Faire le lien entre expérience scoute et vie professionnelle : le rapport entre scoutisme et environnement professionnel est peu évident. C'est au candidat d'expliquer, de faire le lien. En quoi, le fait de chanter en marchant en uniforme ou de camper autour d'un feu de camp peuvent-ils être utiles à une entreprise ? En revanche expliquer en quoi se voir confier la responsabilité à 17 ans de 5 ou 6 jeunes est très formateur… Expliquer à un néophyte, faire preuve de pédagogie, sortir de l'évidence est aussi très formateur pour soi ; en effet cela permet de clarifier, de mettre en lumière ce que l'on a expérimenté, vécu.
  • Avoir du courage: vous aurez parfois des sourires narquois et des remarques ironiques, ne vous démontez pas, soyez très pro et expliquez exemples à l'appui pourquoi le sens des responsabilités qui a permis à 24 jeunes de partir en camp est bénéfique à l'entreprise ; puis passez à un autre sujet. Vous n'êtes pas là pour défendre le scoutisme mais expliquer ce dont l'entreprise pourra bénéficier grâce à votre expérience. Soit le recruteur est intelligent et passera outre ses préjugés pour s'intéresser à vous. Soit, il ne l'est pas et c'est une chance qu'il ne vous recrute pas.

Thierry Villemagne
Gérant d'Humanem, organisme de formation
"Je dois beaucoup au scoutisme : ma construction comme homme, la rencontre avec Cécile, mon épouse, la découverte de la joie de servir et aujourd’hui cela me nourrit comme gérant d’une entreprise de formation et alimente la réflexion d’HUMANEM Formation sur l’homme au travail."
 
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