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15 octobre 2020
Vie professionnelle

Les clés de la confiance au travail

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Avant d’évoquer la notion de confiance, il est important de préciser ce que peut être le rapport au travail. Chaque personne a besoin, par son travail, de contribuer au monde, à la Création.

D’une part, nous avons tous envie d’être fier de notre travail, quel qu’il soit. Pour cela, il est nécessaire pour chaque travailleur d’y trouver un sens. Une fois ce sens trouvé, il fera de son mieux pour l’accomplir. D’autre part, il est tout également tout à fait légitime de faire confiance à ses collaborateurs puisque tous les travailleurs sont a priori dignes de confiance dans l’exercice de leur métier.

Un manager peut être confronté à un manque de motivation d’une ou plusieurs personnes de son équipe. Plusieurs facteurs peuvent être en jeu : l’usure et la lassitude, l’absence de perspective, la conjoncture, etc… En tant que manager, il est nécessaire de se poser et se reposer la question de la motivation, non pas comme réponse à la démotivation mais vraiment comme étant la condition du travail. J’ai plusieurs fois contribué à redonner le sourire à des collaborateurs mais aussi à renforcer leur engagement en leur permettant de réussir des missions (y compris jusqu’à leur faire dire « je suis fier du travail réalisé »).

Les conditions nécessaires étaient :

  • Une prise de risque assumée (il y a eu des échecs ou des réussites plus longues à venir)
  • Donner les moyens d’accomplir la mission (y compris en formant)
  • Un objectif précis et des paroles claires et encourageantes (« Je crois en toi »)
  • Une équité plutôt qu’une égalité en traitant chaque collaborateur selon ses besoins
  • Et un collaborateur qui accepte de se laisser embarquer

La confiance au travail est la combinaison de trois forces indissociables :

  1. La Confiance en soi, qui repose sur la connaissance de soi. Dans la vie professionnelle (mais pas seulement), cela signifie que l’on est capable d’apprécier ce que l’on sait faire, ce que l’on peut faire et ce que l’on doit faire. Dans le scoutisme, la progression par les postes d’action, les badges… qui passe par le « faire » permet à chacun de mieux se connaître et de développer cette confiance en soi.
  1. La Confiance en l’autre, qui va fortifier la confiance que l’autre aura en lui-même. A tous les niveaux du scoutisme : des parents qui confient leurs enfants à des jeunes de 20 ans, des responsables nationaux du mouvement qui laissent les responsables locaux prendre des décisions, le chef de troupe qui laisse partir le chef de patrouille avec ses jeunes en explo, etc… Quel que soit le niveau, chacun fait confiance en l’autre.
  1. La Confiance que l’autre m’accorde, qui repose d’abord sur mon exemplarité : « Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis, et je le fais en vue du Bien Commun. »

Dans l’activité scoute, la confiance est première. Elle n’est pas une confiance naïve laissant place à toutes les erreurs. C’est une confiance responsable, qui s’accompagne, qui se contrôle. Elle n’est pas non plus un abandon mais une exigence qui entraîne autant celui qui fait confiance que celui qui reçoit la confiance.

Enfin, cette confiance ne trouve pas sa source dans nos propres forces mais dans le fait que nous sommes créés à l’image de Dieu. Louer ensemble son Créateur participe à cette confiance qui nous rend acteur efficace au service du Bien Commun. Certes, dans le cadre professionnel, il est certainement difficile d’évoquer cette source de la confiance qui est d’abord l’amour de Dieu le Père pour sa créature, un amour qui va jusqu’à prendre sa condition d’homme. Néanmoins, nous pouvons rappeler qu’il est difficile de faire confiance si nous n’avons pas reçu cette confiance. Il y a une expérience et une transmission de la confiance. Dans le contexte professionnel, nous croisons des pathologies de la confiance à tous les niveaux de poste avec des personnes qui ne savent pas faire confiance ou qui n’ont pas confiance en elle, les deux étant d’ailleurs assez souvent liées. Là aussi l’aventure scoute est précieuse avec d’une part une pédagogie de l’expérience - puisque le scout « ne se paie pas de mots » - et d’autre part des objectifs à la hauteur de celui qui doit les réaliser (tous les scouts ne feront pas le même raid de progression).

Thierry Villemagne
Gérant d'Humanem, organisme de formation
"Je dois beaucoup au scoutisme : ma construction comme homme, la rencontre avec Cécile, mon épouse, la découverte de la joie de servir et aujourd’hui cela me nourrit comme gérant d’une entreprise de formation et alimente la réflexion d’HUMANEM Formation sur l’homme au travail."


1 Commentaire

Pierre
Il y a 13 jours
Très content de lire cet article auquel j'adhère à 100% : j'avais appelé ma société IP TRUST pour ces raisons et placé la "confiance" au centre des valeurs de l'entreprise, à coté de "l'efficience" et "le plaisir", et c'est parfaitement compris et apprécié par tous les collaborateurs et associés, au delà de l'histoire et de la sensibilité de chacun.

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